Angioplastie des
artères iliaques et pudendales

traitement des troubles de l’érection d’origine artérielle et athéromateuse

L’angioplastie des artères iliaques et pudendales  : traitement des troubles de l’érection d’origine artérielle et athéromateuse est une intervention radiologique mini-invasive pratiquée par le radiologue interventionnel. 

Elle vise à améliorer l’afflux sanguin au pénis en traitant les sténoses (rétrécissement de calibre) ou occlusions d’origine athéromateuse des artères vascularisent les organes du bassin et le pénis, notamment les corps caverneux.

Elle est indolore et pratiquée sous anesthésie locale, au court d’une prise en charge ambulatoire.

Angioplastie iliaque

Par voie fémorale, le radiologue place sous guidage radiographique un cathéter dans l’artère iliaque primitive ou iliaque interne atteinte, afin de lever la sténose. Le rétrécissement de calibre est levé à l’aide d’un ballon d’angioplastie qui dilate l’artère, puis un stent (maillage métallique) est mis en place au niveau de la zone traitée, pour un maintien durable du calibre rétabli.

Angioplastie pudendale

Par voie fémorale, le radiologue place sous guidage radiographique un cathéter dans l’artère pudendale interne atteinte, afin de lever la sténose ou l’occlusion. L’obstacle à l’écoulement sanguin est levé à l’aide d’un ballon d’angioplastie qui dilate l’artère, puis un stent (maillage métallique) est mis en place au niveau de la zone traitée, pour un maintien durable du calibre rétabli.

 

L’angioplastie des artères iliaques ou pudendales ne laisse aucune cicatrice.

Stent dans l’artère pour lever la sténose

L’angioplastie des artères pudendales est une intervention techniquement complexe, et doit être pratiquée par un radiologue interventionnel expériménté.

 

Le Dr Grégory Amouyal pratique l’angioplastie des artères iliaques et pudendales.

Mieux

comprendre

Physiologie : les étapes habituelles pour une érection ?

Les étapes menant à une érection sont les suivantes : lors d’une stimulation, la commande nerveuse (cerveau puis nerfs périphériques) envoie un message nerveux vers les organes génitaux.

Les nerfs du pénis, lors de la stimulation, provoquent une vasodilatation du système artério-veineux pudendal, et les corps caverneux s’engorgent alors de sang.

Ainsi, tout mécanisme diminuant soit l’influx nerveux, soit l’afflux sanguin peuvent être en cause dans une dysfonction érectile.

La dysfonction érectile

Lire les extraits des recommandations de l’Association Française d’Urologie

La dysfonction érectile correspond à une difficulté permanente ou récurrente durant au moins 3 mois de suite (sauf contexte de chirurgie ou traumatisme pelvien) à maintenir une érection suffisante pour un rapport sexuel satisfaisant.

 

La dysfonction érectile peut également être multifactorielle, c’est à dire être causée par plusieurs de ces phénomènes simultanément, ce qui rend complexe la prise en charge de ces troubles de l’érection.

 

Ainsi, elle touche moins de 10% des hommes de 50 ans, et 20% à 60 ans.

Mécanismes en cause dans les troubles de l’érection

Les troubles de l’érection sont d’origines diverses, psychogène, organique ou mixte : 

Psychogène et troubles de l’humeur (dépression, anxiété)

 

Organique :

lésions neurologiques (AVC ou traumatismes crâniens graves, sclérose en plaques, traumatismes du rachis et compression nerveuses, déficit du système nerveux périphérique parasympathique pro-érectile, notamment de cause diabétique, lésion post-traumatique ou iatrogène des bandelettes neurovasculaires, lors de fractures du bassin ou de chirurgie pelvienne) sont à l’origine d’une altération de la stimulation neurologique des vaisseaux du bassin, avec une baisse de libération de monoxyde d’azote (NO) dans les corps caverneux.

Anomalies hormonales :

toutes les causes responsables de déficit en androgènes (pathologie hypothalamo-hypophysaire, médicaments effectuant un blocage hormonal ou des perturbations de libération de sérotonine ou dopamine, pathologie testiculaire).

 

Lésions vasculaires : 

artérielles : sténoses des artères iliaques primitives ou iliaques internes, d’origine athéromateuse. Sténose ou occlusion des artères pudendales internes d’origine athéromateuse.

Lésions post-traumatiques des artères pudendales internes.

Veineuses : occlusions veineuses d’origine sanguine (drépanocytose), et veines du corps caverneux endommagées (fuites veineuses).

 

Lésions des structures des corps caverneux :

fracture du bassin et traumatisme de l’urètre bulbaire, baisse de la concentration en cellules musculaires lisses caverneuses.

Iatrogène : 

médicamenteux (notamment inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine, neuroleptiques inhibant la libération de dopamine, traitements hormonaux de blocage androgénique type inhibiteurs de la LHRH ou anti-androgènes, diurétiques, inhibiteurs de la 5-alpha réductase) Post-thérapeutique (chirurgie pelvienne type prostatectomie radicale, cystoprostatectomie ou amputation abdomino-périnéale, ou iliaque, type cure d’anévrisme de l’aorte abdominale ou curage ganglionnaire lombo-aortique ; radiothérapie pelvienne).


 

La sténose des artères iliaques et pudendales est liée à la présence de plaques d’athérome, favorisée par les 5 facteurs de risque cardio-vasculaires primaires : âge >65 ans, diabète déséquilibré, tabagisme actif, hypertension artérielle, dyslipidémie.

 

L’évaluation d’une dysfonction érectile (DE) repose sur :

- L’interrogatoire et l’utilisation d’auto-questionnaires, lors d’une consultation en médecine sexuelle :

IIEF-6 et IIEF-15 (lien ci-dessous).

- En cas de baisse de la libido, un dosage matinal de testostéronémie peut être réalisé

 

En cas de suspicion de DE d’origine athéromateuse, le patient devra réaliser :

- Un Doppler pénien avec injection intra-caverneuse de prostaglandines

- Un angioscanner abdomino-pelvien pour évaluation des sténoses artérielles

L'évaluation

La prise en charge des troubles de l’érection est dans la plupart des cas psychologique et médicamenteuse.

 

Le traitement des facteurs causaux est nécessaire : psychothérapie en cas de part psychogène à la dysfonction, arrêt des médicaments en cause, activité physique quotidienne.

 

Si nécessaire, un traitement médicamenteux est prescrit : ce sont les inhibiteurs de la phospodiestérase 5 (sildénafil, tadalafil, vardénafil).

 

En cas d’échec, ou dans certaines situations ou les médicaments sont peu efficaces (notamment après prostatectomie radicale), on peut avoir recours à l’administration locale de Prostaglandines : soit par gel ou bâtonnet (alprostadil) par application intra-urétrale directe, soit par injection intra-carverneuse de Prostaglandine 1.

 

En cas d’inefficacité des traitements locaux, un dispositif dit « vacuum » ou un traitement chirurgical par pose de prothèse pénienne (dit implant pénien) peuvent être proposés, avec une certaine satisfaction des patients.

 

La ligature veineuse chirurgicale est réservée aux patients jeunes avec séquelles de traumatisme pelvi-périnéen.

Les traitements

L’angioplastie des sténoses ou occlusions artérielles iliaques et ou pudendales est un traitement mini-invasif radiologique ayant une efficacité en cas de dysfonction érectile d’origine vasculaire, avec sténoses artérielles d’origine athéromateuse.

  • Les bons candidats sont les hommes de tout âge, en général de plus de 40 ans, symptomatiques avec retentissement sur la qualité de vie au quotidien, en échec ou mauvaise tolérance des divers traitements médicamenteux (inhibiteurs de la phospo-diestérase 5 = lien idem), et présentant une ou des sténoses significatives des artères iliaques primitives, internes ou pudendales internes, objectivée(s) à l’imagerie. Une occlusion d’une ou des artères pudendales internes est recanalisable, et un stent peut être mis en place selon les mêmes modalités qu’en cas de sténose.

​Cela concerne environ la moitié des hommes de 50 ans présentant des troubles de l’érection et des facteurs de risque cardio-vasculaires.

Les contre-indications relatives, ou absolues :

  • Les autres causes associées « organiques » de troubles de l’érection : chirurgie de prostatectomie radicale, traumatismes du rachis ou des nerfs pelviens…

La notion de dysfonction érectile « sentinelle » est un point important à prendre en compte dans la prise en charge des patients atteint de maladie athéromateuse. 

En effet, lorsque retrouvée, elle impose la recherche d’obstruction synchrone des artères coronaires, souvent associée, et asymptomatique au moment de la survenue de la dysfonction érectile. 

Un bilan cardiologique coronarien permet la prévention d’infarctus du myocarde.

Les indications

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L’angioplastie des artères iliaques et pudendales vise à rétablir un afflux artériel normal au pénis pour favoriser l’érection.

 

Sa réalisation est indolore, c’est pourquoi elle est pratiquée sous anesthésie locale.

Les suites sont simples, permettant une prise en charge ambulatoire (hospitalisation de jour) : après quelques heures en surveillance au décours du geste, le patient rentre à domicile dans l’après-midi.

 

Elle s’effectue en salle d’angiographie. Le patient est installé sur le dos, et reste éveillé toute l’intervention (anesthésie locale du point de ponction), pour une durée moyenne d’1h30. L’anesthésiste perfuse des drogues sédatives sans endormir, afin d’améliorer le confort du patient pendant l’intervention.

En fonction des explorations, le radiologue est amené dans 70 % des cas à traiter une sténose de l’artère iliaque primitive ou interne. 

Dans 30% des cas, il traite une sténose ou une occlusion de l’artère pudendale d’un seul côté (dans 1 cas sur 2) ou des deux (dans 1 cas sur 2).

L’intervention radiologique en détails

Angioplastie de l’artère iliaque primitive et iliaque interne :

Après asepsie stricte, le radiologue ponctionne l’artère fémorale du côté de l’artère iliaque primitive à traiter, ou du côté opposé à l’artère iliaque interne à traiter, pour y introduire un cathéter afin de naviguer dans l’artère iliaque et pratiquer l’angioplastie.

Angioplastie de l’artère pudendale interne :

Après asepsie stricte, le radiologue ponctionne l’artère fémorale droite, pour y introduire un cathéter afin de naviguer dans les artères iliaques et rejoindre l’artère pudendale à traiter. 

 

Sous contrôle radiographique, et à l’aide de produit de contraste iodé, il place un cathéter dans l’artère iliaque interne, puis dans l’artère pudendale interne d’un des deux côtés du bassin, afin de pratiquer l’angioplastie.

L’artère pudendale est dilatée à l’aide d’un ballon d’angioplastie qui est gonflé à l’intérieur du vaisseau, afin de rétablir le calibre initial de sa lumière. 

Après rétablissement d’une lumière normale, le radiologue place un stent du même calibre (cylindre métallique à force radiale) au niveau de la portion traitée du vaisseau, qui maintiendra ce calibre et luttera contre les récidives de sténose.

Si besoin, l’artère pudendale controlatérale est traitée selon les mêmes modalités.

 

L’artère ponctionnée est refermée à l’aide d’un dispositif de fermeture percutanée, afin d’éviter tout risque hémorragique au décours. 

Le retour à domicile peut s’effectuer 3h après.

 

Ainsi, le rétablissement d’un afflux artériel normal dans le réseau pénien permet à une majorité des hommes porteurs de sténoses artérielles iliaques ou pelviennes et présentant une dysfonction érectile de retrouver des érections acceptables. En cas de traitement optimal, il n’y a pas besoin d’avoir recours aux injections intra-carverneuses ou de prothèse pénienne.

 

L’angioplastie des artères iliaques et pudendales n’aggrave pas les fonctions sexuelles, et ne laisse aucune cicatrice.

Références bibliographiques

Lire l'article 1

Lesion Pattern in Patients With Erectile Dysfunction of Suspected Arterial Origin: An Angiographic Study.

 

Lire l'article 2

Endovascular Therapy for Erectile Dysfunction-Who Benefits Most? Insights From a Single-Center Experience.

Lire l'article 3

Early Recoil After Balloon Angioplasty of Erection-Related Arteries in Patients With Arteriogenic Erectile Dysfunction.

Lire l'article 4

The role of interventional radiology in the diagnosis and management of male impotence.

Lire l'article 5

Angiography and endovascular revascularization of pudendal artery atherosclerotic disease in patients with medically refractory erectile dysfunction.

De quoi ai-je besoin pour une consultation en radiologie interventionnelle ?

Vous devez avoir eu une évaluation complète de vos troubles de l’érection, notamment afin d’éliminer une cause médicamenteuse ou neurologique.

Vous devez ensuite avoir une évaluation complète de vos vaisseaux :

- Angioscanner abdomino-pelvien 

- Echographie-Doppler pénien

Si besoin, le centre d'Imagerie Médicale Paris 5 vous accueille pour les réaliser.

 

Une fois ces éléments réunis, vous êtes prêt à consulter un radiologue interventionnel expert. Il n’est pas utile de consulter votre radiologue interventionnel avant d’avoir effectué toutes ces analyses, il manquera d’informations sur vos troubles. Vous pouvez toutefois le contacter si vous avez des questions particulières.

 

Egalement, en cas de facteurs de risque cardio-vasculaires et lésions athéromateuses occasionnant une dysfonction érectile, les recommandations sont de pratiquer des explorations cardiaques afin d’éliminer des lésions athéromateuses coronariennes à risque.

Vais-je avoir mal ?

Non.

La réalisation de l’intervention est totalement indolore, ce qui permet sa pratique sous anesthésie locale. Elle nécessite juste un décubitus pendant 1h30.

Les suites à domicile sont simples.

L’angioplastie des artères iliaques et pudendales est-elle remboursée par la sécurité sociale ?

Oui, elle fait partie des groupes d’interventions pelviennes appelées « Dilatation intraluminale de l'artère iliaque commune et/ou de l'artère iliaque externe avec pose d'endoprothèse, par voie artérielle transcutanée » ou « Dilatation intraluminale de l'artère iliaque interne avec pose d'endoprothèse, par voie artérielle transcutanée ».

 

Où puis-je recueillir le témoignage de patients déjà embolisés ?

Par respect du code de déontologie médicale français, bien que nombre de nos patients déjà traités se soient proposés, nous ne pouvons en faire part sur ce support ou encore sur nos profils de réseaux sociaux.

En France, un médecin ne peut diffuser aucune information s’apparentant à de la publicité, et les témoignages de patients manifestant leur satisfaction sont assimilés comme tels.

Vous pouvez demander conseil sur vos recherches à votre radiologue interventionnel lors de la consultation, celui-ci saura vous aider.

Le bouche à oreille est également un moyen efficace de recueil.

 

Je suis sous anticoagulants : dois-je les arrêter ?

Les anticoagulants Antivitamine K doivent être arrêtés, avec relai par injections d’héparine dans les jours autour du geste (relai héparine et baisse modérée de l’anticoagulation), selon les recommandations habituelles. Cela est souvent organisé en ville par votre médecin traitant quelques jours avant l’intervention.

 

Les antiagrégants plaquettaires (Kardegic 75 ou 150 mg) n’ont pas besoin d’être arrêtés. 

Le Plavix (75 mg) peut ne pas être arrêté, mais il est préférable de l’arrêter 5 jours avant quand cela est possible.

 

Comment se déroule ma prise en charge ambulatoire (Hospitalisation de jour) ?

Bien, toujours. La réalisation d’une hospitalisation ambulatoire (hospitalisation de jour) ne dépasse pas 6h de suite: le patient se rend dans l’établissement de santé de référence tôt le matin en service d’hospitalisation de jour pour une brève préparation à l’intervention (identification, modalités administratives, perfusion…), bénéficie de l’intervention dans la matinée ou avant 14h, puis reste en chambre d’hospitalisation quelques heures en surveillance suite à l’angioplastie, avant de rentrer à domicile dans l’après-midi, avec une ordonnance dédiée de médicaments nécessaires à une convalescence confortable, ainsi que tous les autres papiers pour le suivi. 

Le patient et l’opérateur restent en contact rapproché les jours suivants, pour assurer la continuité d’une prise en charge de qualité. 

Les suites sont simples et sans inconfort majeur. 

L’angioplastie des artères iliaques présente-t-elle des complications ?

Les complications sont rares, et sont traitées par le radiologue.

Votre radiologue interventionnel saura répondre à vos interrogations.

Quand puis-je reprendre une activité professionnelle ?

Il faut compter environ 7 jours de convalescence.


 

Quand puis-je reprendre une activité sexuelle ?

Il n’y a pas de restriction particulière. Prudence toutefois en ce qui concerne le point de ponction : pas d’effort violent pendant 7 jours, notamment pas de flexion forcée de l’articulation du membre inférieur ponctionné.

Questions fréquentes

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