Embolisation des
articulations douloureuses

L’embolisation des articulations douloureuses invalidantes est une intervention radiologique mini-invasive pratiquée par le radiologue interventionnel, dont le but est de traiter les douleurs chroniques invalidantes liées à une tendinite de tennis elbow, une arthrose du genou ou une épaule gelée, non-contrôlées par les traitements médicaux usuels.

La réalisation de cette intervention est indolore, pratiquée sous anesthésie locale au court d’un séjour ambulatoire (hospitalisation de jour). Par une ponction à travers la peau, par voie radiale ou fémorale, le radiologue introduit un cathéter afin de naviguer dans les vaisseaux du membre symptomatique. Sous contrôle radiologique, il place le cathéter et le micro cathéter dans les artères "anormales" de l’articulation douloureuse, afin de pratiquer l’embolisation. Ces artères anormales sont occluses à l’aide de microparticules calibrées. Les autres artères de l’articulation sont épargnées.

L’embolisation ne laisse aucune cicatrice, ne majore pas les douleurs au décours, et n’a aucune conséquence

sur le tissu sain avoisinant.

La voie radiale distale est possible pour ce traitement.

Coude

Quels symptômes ?

L’épicondylite latérale, plus communément appelée "tennis elbow" génère des douleurs chroniques rebelles du coude provoquées à la préhension des objets et à l’extension du poignet, ou des douleurs spontanées la nuit. Elle correspond à une tendinite des extenseurs du carpe et des doigts. Parfois, elle peut générer des paresthésies (fourmis) dans le territoire du nerf radial (dos de l’avant-bras et de la main), et des sensations de faiblesse musculaire ou d’instabilité articulaire du coude.

On en fait le diagnostic par l’examen clinique. Des examens d’imagerie sont indispensables.

 

La prise en charge dépend du degré et de la durée des douleurs.

  • Le repos est le premier traitement.

  • Le traitement médicamenteux est prescrit en première intention : antalgiques classiques de palier 1, ou 2 associés à des anti-inflammatoires oraux.

  • L’infiltration écho-guidée de corticoïdes est proposée en deuxième intention.

  • En cas d’échec d’au moins 2 infiltrations, on propose l’embolisation en troisième intention.

  • Rarement, on propose un traitement chirurgical en cas de douleurs chroniques : incision de tendon ou désinsertion musculaire.

Les traitements possibles

Les indications de l'embolisation

Les douleurs invalidantes de tendinite de tennis elbow en échec de traitement médicamenteux et infiltration.

Genou

Quels symptômes ?

L’arthrose du genou ou "gonarthrose" génère des douleurs chroniques à l’effort.

 

Elle peut occasionner des poussées d’épanchement intra-articulaire (genou gorgé d’eau, gonflé).

On en fait le diagnostic par l'imagerie.

  • Le repos est le premier traitement.

  • Le traitement médicamenteux est prescrit en première intention : antalgiques classiques de palier 1, ou 2 associés à des anti-inflammatoires oraux.

  • L’infiltration écho-guidée de corticoïdes ou d’acide hyaluronique est proposée en deuxième intention.

  • En cas d’échec d’au moins 2 infiltrations, on propose l’embolisation en troisième intention.

  • En cas d’arthrose évoluée, on propose un traitement chirurgical : prothèse unicompartimentale ou totale de genou.

Les traitements possibles

Les indications de l'embolisation

Gonalgies invalidantes avec lésions intermédiaires de gonarthrose, grades 1 à 3 selon la classification radiologique de

Kellgren-Lawrence. Une atteinte trop importante du cartilage (arthrose évoluée) ne peut être traitée par embolisation.

 
  • Le repos est le premier traitement.

  • Le traitement médicamenteux est prescrit en première intention : antalgiques classiques de palier 1, ou 2 associés à des anti-inflammatoires oraux.

  • L’infiltration ou "capsulo-distension" écho-guidée est proposée en deuxième intention.

  • En cas d’échec, on propose l’embolisation en troisième intention.

Dans tous les cas, on associe la kinésithérapie.

Les traitements possibles

Les indications de l'embolisation

Les douleurs invalidantes de l’épaule sans cause retrouvée.

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Épaule

Quels symptômes ?

L’épaule gelée, entité dont fait partie la capsulite rétractile, occasionne des douleurs invalidantes et une limitation des amplitudes articulaires.

On en fait le diagnostic par l’examen clinique.

 

Des examens d’imagerie sont indispensables.

 

Un traitement précoce permet une récupération plus rapide de l’autonomie.

L’embolisation ostéo-articulaire est un traitement récent (2016) qui a démontré un niveau de sureté satisfaisant (pas de complications majeures), et une efficacité sur la douleur dans environ 80% des patients. Elle reste un traitement hors recommandations, car on ne dispose que de faibles effectifs de patients déjà traités dans le monde.

 

Elle n’empêche pas d’autres traitements au décours, en cas d’échec.

Publications scientifiques :

L'embolisation ostéo-articulaire

Questions fréquentes

De quoi ai-je besoin pour une consultation en radiologie interventionnelle ?

Vous devez avoir consulté un rhumatologue ou un chirurgien orthopédiste de votre choix. Vous devez avoir réalisé une évaluation radiologique complète : radiographies, échographie et IRM. En cas de paresthésies de l’avant-bras, un électromyogramme est nécessaire.

Egalement, en vue d'une embolisation pour les articulations de l'épaule ou du coude, il vous faut réaliser un Echo-Doppler artériel de l'artère radiale gauche, pour valider la voie d'abord radiale.

Où puis-je recueillir le témoignage de patients déjà embolisés ?

Par respect du code de déontologie médicale français, bien que nombre de nos patients déjà traités se soient proposés, nous ne pouvons en faire part sur ce support ou encore sur nos profils de réseaux sociaux.

En France, un médecin ne peut diffuser aucune information s’apparentant à de la publicité, et les témoignages de patients manifestant leur satisfaction sont assimilés comme tels. Vous pouvez demander conseil sur vos recherches à votre radiologue interventionnel lors de la consultation, celui-ci saura vous aider.

Le bouche à oreille est également un moyen efficace de recueil.

Comment se déroule ma prise en charge ambulatoire (Hospitalisation de jour) ?

Bien, toujours.

La réalisation d’une hospitalisation ambulatoire (hospitalisation de jour) ne dépasse pas 6h de suite: le patient se rend dans l’établissement de santé de santé tôt le matin en service d’hospitalisation de jour pour une brève préparation à l’intervention (identification, modalités administratives, perfusion…), bénéficie de l’intervention dans la matinée ou avant 14h, puis reste en chambre d’hospitalisation quelques heures en surveillance suite à l’embolisation (entre 1h30 et 3h selon la voie d’abord), avant de rentrer à domicile dans l’après-midi, avec une ordonnance dédiée de médicaments nécessaires à une convalescence confortable, ainsi que tous les autres papiers pour le suivi.

La voie radiale permet un retour à domicilie plus rapide.

Le patient et l’opérateur restent en contact rapproché les jours suivants, pour assurer la continuité d’une prise en charge de qualité.

Les suites sont simples et indolores.

Quelles sont les suites après une embolisation ostéo-articulaire ?

Elles sont simples. Certains patients décrivent une majoration des douleurs dans les premières heures, bien contrôlées durant l’hospitalisation (par l’anesthésiste, spécialiste de la douleur). La mise à disposition d’antalgiques de paliers 1, 2 et 3 par ordonnance pour le retour à domicile permet l’optimisation de l’analgésie après la sortie du patient.

La réévaluation précoce par le médecin (contact du patient) permet d’ajuster les traitements. Durant les premiers jours à domicile, grâce à la collaboration entre le radiologue et une équipe dédiée de soins infirmiers à domicile (2 fois par jour) compétente en suivi post-radiologie interventionnelle, la gestion de la douleur est optimale.

L’amélioration se fait ressentir à partir d’une semaine après le traitement.

Cette intervention est-elle remboursée par la sécurité sociale ?

Oui, elle fait partie des groupes d’interventions appelées « embolisation sélective ou hypersélective d'une artère du membre supérieur (ou inférieur) ».

Je suis sous anticoagulants : dois-je les arrêter ?

En cas de nécessité, les anticoagulants Antivitamine K peuvent être maintenus (en cas d'abord radial).

Pour limiter tout risque hémorragique, il est préférable de moduler l’anticoagulation (relai héparine et baisse modérée de l’anticoagulation), selon les recommandations habituelles. Cela est souvent organisé en ville par votre médecin traitant quelques jours avant l’intervention.

Les antiagrégants plaquettaires (Kardegic 75 ou 150 mg) n’ont pas besoin d’être arrêtés.

Le Plavix (75 mg) peut ne pas être arrêté en cas de nécessité absolue, mais il est préférable de l’arrêter 5 jours avant quand cela est possible.

La voie radiale diminue le risque d’hématome au point de ponction.

L’embolisation ostéo-articulaire présente-t-elle des complications ?

Il n’y a jamais de complication grave, osseuse, articulaire ou vasculaire. Toutes les complications mineures sont transitoires et sans séquelles.

La voie radiale diminue le risque d’hématome au point de ponction.

Renseignez-vous auprès de votre radiologue interventionnel.