Oncologie
endovasculaire

Les traitements endovasculaires en oncologie sont des intervention radiologiques mini-invasives pratiquées par le radiologue interventionnel, sous anesthésie locale.

Ils sont principalement réalisés par voie intra-artérielle :

Embolisation d’hémostase

pour saignements tumoraux chroniques

ou aigus

Chimio-

embolisation

Embolisation

pré-opératoire

de cancers (rein, vertèbre et

hanche)

Radio-

embolisation

Pose de 

cathéter

intra-artériel

hépatique

Embolisation portale

Mais également par voie veineuse :

Angioplastie

et stent

cave supérieur

Pose de chambre

implantable

(port-à-cath)

Pose de 

picc-line

L’embolisation d’hémostase est pratiquée en cas de saignement tumoral chronique ou aigu non-contrôlé nécessitant des transfusions. C’est un traitement de confort dont le but est d’arrêter les saignements invalidants.

Il n’éradique pas la lésion.

L’embolisation d’hémostase peut être effectuée dans les cancers hémorragiques de l’utérus, de la prostate, de la vessie et du rein, du tube digestif (estomac, colon, rectum) et du foie, les tumeurs de la face et de la langue, ou encore

du poumon.

Ils sont pratiqués sous anesthésie locale par voie radiale ou fémorale, lors d’une hospitalisation de jour.

Sous contrôle radiologique, le radiologue place un cathéter et un micro cathéter dans l’artère vascularisant la lésion, afin de pratiquer l’embolisation. L’artère est occluse par des microparticules non-résorbables calibrées, ou d’autres agents pour le tube digestif. Les saignements se tarissent immédiatement, et des stigmates d’hémorragie persistent 48h.

Les suites sont simples.

Embolisation d’hémostase pour saignements tumoraux chroniques ou aigus

 

L’embolisation pré-opératoire de cancers est pratiquée afin de diminuer le risque d’hémorragie per-opératoire en cas de chirurgie ou d’ablation tumorale percutanée.

Elle est pratiquée dans des centres experts, uniquement pour les cancers hypervasculaires à risque hémorragique, notamment les cancers du rein ou certaines métastases vertébrales ou de la hanche.

Après embolisation d’un cancer hyper vasculaire du rein, le chirurgien peut pratiquer l’exérèse dans de meilleurs conditions (technique de "clampless partial nephrectomy"). En cas d'ablation tumorale percutanée, le radiologue peut pratiquer la radiofréquence ou la cryothérapie avec de meilleurs résultats.

Elle est pratiquée sous anesthésie locale par voie radiale ou fémorale, lors d’une hospitalisation de jour.

 

Sous contrôle radiologique, le radiologue place un cathéter et un micro cathéter dans l’artère vascularisant la lésion, afin de pratiquer l’embolisation. L’artère est occluse par des microparticules non-résorbables calibrées.

Les suites sont simples.

Embolisations pré-opératoires de cancers

(rein, vertèbre et hanche)

La pose d’un cathéter intra-artériel hépatique, ou port-à-cath hépatique est effectuée par le radiologue interventionnel. Elle permet de traiter les métastases hépatiques non-résécables de cancer colo-rectal.

Sous contrôle radiologique, le radiologue place le cathéter de la chambre implantable dans l’artère hépatique. Une fois le cathéter en place et à demeure dans l’artère hépatique, il est fixé à la chambre implantée sous la peau en fosse iliaque droite. En branchant la perfusion sur la chambre, on administre de la chimiothérapie directement libérée dans l’artère hépatique et ses branches vascularisant les tumeurs, avec un meilleur effet tumoricide et moins d’effets secondaires sur le reste du corps que par voie veineuse. Elle permet en cas d’efficacité d’accéder à une chirurgie de résection.

La mise en place du cathéter nécessite la préparation des artères hépatiques, avec embolisation au préalable de certaines branches hépatiques à destinée digestive.

L’intervention étant longue, on peut la proposer par soucis de confort en 2 temps :

 

  • Un premier temps d’embolisation d’environ une heure, intervention sous anesthésie locale par voie radiale lors d’un séjour ambulatoire (hospitalisation de jour).

 

  • Une deuxième intervention pour la pose du cathéter d’1h30, pratiquée par voie fémorale.

La pose d’un cathéter intra-artériel hépatique (port-à-cath hépatique) est indolore, et ne laisse que la cicatrice de la chambre implantable.

Pose de cathéter intra-artériel hépatique

(ou port-à-cath hépatique)

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La chimio-embolisation est pratiquée pour traiter les tumeurs hépatiques primitives (carcinome hépatocellulaire) ou secondaires (métastases neuro-endocrines ou colo-rectales).

Sous contrôle radiologique, le radiologue place un cathéter dans l’artère hépatique et un micro cathéter dans les artères vascularisant la lésion. Il déverse la chimiothérapie, puis embolise le vaisseau en fin d’intervention, traitements synergiques pour un effet tumoricide maximal.

L’artère est occluse par du matériel résorbable, afin de permettre d’autres cures au décours.

La chimio-embolisation est pratiquée sous anesthésie locale ou sédation par voie radiale ou fémorale lors d’une courte hospitalisation.

La voie radiale représente un gain de confort. Le scanner interventionnel (salle d'Angio-TC) et le Coned Beam-CT permettent un repérage optimal de l’ensemble des artères vascularisant la lésion, pour un traitement plus efficace.

Durant les premiers jours à domicile, grâce à la collaboration entre le radiologue et une équipe dédiée de soins infirmiers à domicile (2 fois par jour) compétente en suivi post-radiologie interventionnelle, la gestion de la douleur est optimale.

Chimio-embolisation

La radio-embolisation est un traitement alternatif à la chimio-embolisation hépatique, lorsque celle-ci n’est pas possible. Elle s’applique aux mêmes indications thérapeutiques : les tumeurs hépatiques primitives (carcinome hépatocellulaire) ou secondaires (métastases neuro-endocrines ou colo-rectales).

Elle est réalisée selon les mêmes principes, mais le radiologue déverse à la place un composant radioactif (yttrium 90) qui, au contact des tumeurs, va effectuer une radiothérapie focale.

Ce traitement, tout comme le cathéter artériel hépatique, se fait en 2 temps :

 

  • Un temps d’embolisation ambulatoire par voie radiale dit de "préparation" de l’artère hépatique,

  • Un temps de radio-embolisation par voie fémorale à l’yttrium 90.

Le patient reste hospitalisé 2 nuits au décours pour surveillance.

Radio-embolisation

 
 

L’embolisation portale est effectuée par le radiologue interventionnel. Elle est pratiquée afin de permettre l’accès à une chirurgie hépatique de résection ("hépatectomie"), traitement des métastases hépatiques colo-rectales résécables ou du carcinome hépatocellulaire.

Sous contrôle radiologique et sous anesthésie générale, le radiologue ponctionne par voie percutanée une branche portale, puis place un cathéter dans les veines portales à emboliser (foie pathologique).

Celles-ci sont occluses par de la colle biologique.

En réaction à l’occlusion portale du foie pathologique, le foie sain va s’hypertrophier en compensation.

La chirurgie de résection a lieu environ 4 à 6 semaines après l’embolisation, délai nécessaire pour obtenir une hypertrophie compensatrice du foie sain.

L’embolisation portale est effectuée lors d’une hospitalisation de jour ou une courte hospitalisation d’une nuit.

Embolisation portale

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L’angioplastie avec pose de stent cave supérieur est pratiquée par le radiologue interventionnel. C’est le traitement de confort du syndrome cave supérieur, conséquence d’une obstruction de la veine cave supérieure, large veine de drainage de tout le haut du corps. Les symptômes principaux sont un œdème diffus du haut du corps et une difficulté à respirer.

Sous contrôle radiologique et sous anesthésie locale, le radiologue ponctionne par voie percutanée une des veines du bras droit, puis, après avoir navigué dans les veines du membre supérieur et du thorax, place le stent (cylindre en armature métallique) dans le segment de la veine cave supérieure comprimée, pour y rétablir un calibre suffisant.

Un ballon d’angioplastie est gonflé dans le stent pour élargir la veine jusqu’au calibre souhaité.

 

Le stent permet un maintien durable du calibre rétabli de la veine.

La disparition de l’œdème se fait en 48h au décours du geste.

L’angioplastie avec pose de stent cave supérieur est effectuée lors d’une hospitalisation de jour.

Angioplastie et stent cave supérieur

La pose de chambre implantable ou porth-à-cath est pratiquée par le radiologue interventionnel par voie jugulaire. La chambre implantable permet de délivrer par voie intra-veineuse les drogues de chimiothérapie.

Sous contrôle échographique et sous anesthésie locale, le radiologue ponctionne la veine jugulaire interne droite, puis met en place sous contrôle radioscopique la chambre implantable et son cathéter.

La chambre est implantée sous la peau à proximité du sillon delto-pectoral droit, la longueur de la cicatrice ne dépasse pas le diamètre d’une pièce de 2 euros.

 

Rarement, on est amené à ponctionner et l’implanter du côté gauche.

La pose de port-à-cath est indolore, et est effectuée lors d’une hospitalisation de jour.

Les radiologues l'implantent par voie jugulaire interne, site présentant le moins de risques.

Pose de chambre implantable veineuse

ou port-à-cath

 
 

La pose de picc-line est pratiquée par le radiologue interventionnel. Le picc-line permet un accès prolongé aux veines, et une administration de traitements intra-veineux à domicile (antibiothérapie prolongée). Sous contrôle échographique et sous anesthésie locale, le radiologue ponctionne une des veines du bras, puis met en place sous contrôle radioscopique le dispositif.

Le picc-line s’apparente à la peau à une perfusion.

Il est majoritairement implanté sur le bras droit, mais peut tout à fait l’être sur le bras gauche.

Il peut rester en place plusieurs semaines, voire quelques mois.

La pose est indolore, et est effectuée lors d’une hospitalisation de jour.

Pose de picc-line

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